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le pot

Le Pot, comment devenir propre ? 

Devenir propre. Tout un programme pour les enfants comme pour les parents. S’il est inutile de brûler les étapes en forçant votre bout de chou à aller sur le pot, en revanche vous pouvez l’accompagner sur le chemin de la propreté. d’autres infos Cliquez ICI

des idées, des astuces

  1. Préférer un pantalon avec taille élastique, un culote plutôt qu’un body. on évite les salopettes, les pantalons qui se ferme à l’entrejambe. Pour les filles en robe avec collant pas simple sauf si l’été une robe ou jupe peut être nettement plus pratique.
  2. Installer le pot dans les toilettes
  3. Ou tenter le réducteur, car les enfants aiment imiter les grands et vont préférer le réducteur au pot
  4. expliquez lui à quoi sert le pot en utilisant des mots simples et sans tabou comme « pipi » et « caca »
  5. Apprenez lui à tirer la chasse d’eau, car l’enfant veut faire comme les grands.
  6. pourquoi pas acheter un marche pied ?
  7. Vous pouvez mettre à disposition des livres qui racontent des histoires de pot en mettant en scène des héros sympathiques comme « petit ours brun »
  8. il n’y a pas de mauvaise méthode du moment que l’enfant est prêt, en général c’est quand il monte et descend un escalier, lorsqu’il comprend ce qu’on lui explique et qu’il est capable de demander.
  9. personnellement lorsque l’enfant est prêt, je lui propose le pot avant et après sieste, sans pour autant que cela dur longtemps et tout ceci après que les parents est commencés pendant une semaine de vacance. L’apprentissage se fait en collaboration avec le parent. Ensemble, nous proposons le pot à enfant.
  10. On peut aussi faire l’apprentissage sous forme de jeux, « un pipi » ou « un caca » = une gommette que je colle pour progresser sur le parcours. Les gommettes peuvent être de couleur (jaune = pipi et marron = caca)

Voici quelques parcours pour l’apprentissage de la propreté sous forme de jeux

Vous pouvez laisser un commentaire ou des idées en bas de page.

 

Agressivité

Agressivité

Les comportements agressifs nous interrogent beaucoup : quelle est la signification de la morsure, comment intervenir lors de conflits agressifs et comment les atténuer ?

Suivant les âges, tous les comportement vécus comme agressifs par ceux qui les subissent (car ils sont douloureux) n’ont pas toujours cette valeurs d’agressivité de la par de l’ « agresseur ».

LA MORSURE, ACTE D’AMOUR

Pendant la première année de l’enfant, la morsure est plutôt un acte d’amour.

L’enfant « croque » sa mère pour essayer de garder un morceau d’elle à l’intérieur de lui-même… et combien de mère font semblant de manger leur bébé, provoquant alors des éclats de rire de l’enfant. Ce comportement avec sa mère, l’enfant l’étend a d’autres objets : il mord tout ce qu’il aime. De plus, la bouche reste ouverte, au cours de cette première année, un important moyen de connaissance : c’est avec sa bouche qu’il suce, qu’il tête, qu’il mord tout ce qu’il trouve à sa portée, aussi bien un jouet que la main ou la joue d’un autre enfant. Il découvre l’effet de ses actes : que va-t-il ressentir, que va-t-il se passer lorsqu’il mord, pince ou tire les cheveux…

Tous ses actes sont, pour lui, une découverte, la recherche d’un plaisir de contacte mais ils sont ressentis comme agressifs parce qu’il font mal. Et l’enfant « agressé » a besoin d’être réconforté par l’adulte présent et même, peut être momentanément protégé s’il est souvent la proie des expérimentations d’un autre.

LA MORSURE, DÉCHARGE BRUTAL DE TENSION

Au-delà de la première année, la morsure reste un acte impulsif que l’enfant ne peut contrôler, ni maîtriser.  Il correspond souvent à la décharge brutale d’une tension, d’un malaise intérieur, d’une frustration qui submerge l’enfant et qu’il ne sait pas encore exprimer par des mots. C’est pourquoi, si l’enfant agressé a besoin d’être consolé, « l’enfant agresseur » a aussi besoin de trouver réconfort et compréhension de la par de l’adulte.

LA RÉPONSE AGRESSIVE DE L’ADULTE

Quelle signification peut avoir une réponse agressive, elle aussi, de la part de l’adulte ?   L’enfant ne sait pas comment exprimer autrement son malaise et n’en saisit pas toujours la nature. S’il agresse un autre enfant, ce n’est pas qu’il en veuille particulièrement à cet autre, mais c’est qu’il à besoin de protéger son être qu’il sent tout à coup menacé et qu’il veut nous signifier que quelque chose le perturbe.

Et voilà que l’adulte, au lieu de l’aider à comprendre ce qui se passe en lui, le gronde, le gifle ou le mord à son tour. Ce qui veut dire, pour l’enfant, qu’il n’a pas le droit d’exprimer une difficulté, ou bien ce qui lui prouve que la violence est quelque chose de possible, à condition d’être le plus grand et le plus fort.

L’enfant a le droit d’exprimer sa colère, son malaise,
mais il n’a pas le droit de faire mal à l’autre

Il n’est pas non plus question de cautionner l’expression de l’agressivité, mais l’adulte est là pour signifier à l’enfant qu’il a le droit d’être en colère, d’être malheureux, de souffrir de certaines situations, mais n’a pas le droit de faire mal à un autre. L’adulte doit signifier à l’enfant qu’il est là pour l’aider à comprendre ce qui le perturbe, à atténuer sa souffrance et sa violence qu’en agressant un autre enfant. On peut essayer d’en parler et c’est à l’adulte de mettre des mots sur ce qu’il peut comprendre de la difficulté, de la frustration de l’enfant. L’adulte peut aussi prendre de la difficulté, de la frustration de l’enfant. L’adulte peut lui proposer un mode symbolisé d’expression de sa violence plutôt qu’un passage à l’acte impulsif : tous les jeux symboliques – dont les sont capables dés le milieu de la deuxième année – (jeux de poupée, voiture, construction…) leur permettent de rejouer des situations qu’ils ont vécues et de mettre en scène des conflits ou des angoisses que certaines d’entre elles provoquent en eux. Au lieu de se trouver envahi et submergé par ses préoccupations, le jeune enfant peut alors les élaborer.

Les adultes condamnent souvent les jeux guerriers des enfants… alors que jouer à la guerre, ce n’est pas la faire ! Au contraire, dans ces jeux, l’enfant apprend à se libérer de sa violence, qui existe en tout un chacun, et apprend à contenir, à contrôler cette énergie pour l’orienter vers des voies symboliques et des fins plus constructives.

 

La réparation de la faute

Les adultes ont souvent besoin de susciter une réparation à la suite d’un comportement agressif : « va lui faire un bisou, maintenant » c’est vouloir nier, annuler ces sentiments de colère, de violence que l’enfant ressent en lui. Ce qu’il faut apprendre à l’enfant, c’est que l’expression de l’agressivité n’est pas toujours destructrice : elle peut être parlée, symbolisé. En trouvant d’autres moyens d’expression de ces sentiments, les enfants perdront cette fascination pour la violence qu’ont encore beaucoup d’adultes et qui trouvent dans les spectacles violent une satisfaction imaginative de leurs besoin d’agressivité.

Chercher à comprendre ce que nous signifie l’enfant

La fonction des adultes qui entourent ces enfants est tout à fait importante. Dans l’organisation de la vie quotidienne et m’aménagement de l’espace des enfants, un certain nombre de facteurs peuvent permettre de diminuer les phénomènes de tension et d’agressivités :

→ Favoriser des moments de relations individualisés avec un adulte privilégié (adulte de référence de l’enfant, en collectivité).

→ Favoriser l’expression des possibilités motrices et de jeux des enfants (activités variées en rapport avec les besoins de l’enfant et que chacun peut mener à son propre rythme).

→ Eviter de regrouper un trop grand nombre d’enfants dans un espace trop petit : utiliser tous les espaces possibles pour permettre l’existence de petits groupes, cloisonner l’espace en différents « coins » d’activités, sortir à l’extérieur.

→ Eviter des conflits inutiles en prévoyant, par exemple, l’acquisition de plusieurs jouets semblables pour un groupe (prévoir des jouets pour l’enfant accueilli pour que ce ne soient pas les enfants de l’assistante maternelle qui, en plus de partager leur mère est leur maison, doivent aussi partager leurs jouets…)

 

Au lieu de condamner et rejeter l’auteur d’un comportement agressif, il est important de savoir que ce comportement est l’expression d’un malaise et que la violence reste l’attitude de celui qui ne voit pas d’autres façons de résoudre un problème qui l’obsède.

 

Miriam Rasse

 

Les Colères

 

Les colères

Comportement habituel chez jeune enfant, la colère est nécessaire pour s’affirmer : mais donnons lui une réponse claire, sans équivoque, que l’enfants sache où sont ses limites et puisse maîtriser les émotions qui l’assaillent.

Tout parent est confronté un jour ou l’autre aux colères de son jeune enfant. Ce comportement banal est déroutant pour les parents par sont explosion, sa brutalité chez l’enfant qui peut-être par ailleurs doux et calme. D’ailleurs, de nombreuses expressions imagées et colorées sont employées couramment pour en parler :

  •  Il est rouge de colère
  • Il a fait une colère noire
  • Il est blême de colère
  • Il pique une colère
  • Il fait des colères terribles
  • Il passe sa colère sur

C’est évocations montrent bien les différents manifestations possibles de la colère et la participation physique qui lui est associée.

Des colères pour tous les âges

  La colère chez un enfant, c’est une manière de dire quelque chose dans l’instant, sans détour. Cette conduite survient lors d’une frustration ou d’une contrainte ; de ce fait, elle peut être décodée assez vite par l’entourage.

La colère manifestation banale du comportement, apparaît au cours du développement normal de l’enfant et se situe grosso-modo entre 7 et 18 mois et 3-4 ans, périodes où se développe le besoin d’indépendances, d’affirmation de soi.

L’enfant se pose en s’opposant ; il hurle, vocifère, trépigne, se jette par terre, se frappe. Il décharge son agressivité à travers son propre corps. Ce sont les colères explosives. Plus âgés, il cherchera à atteindre de manière directe ou indirecte la cause de sa frustration (objet ou personne). Il casse, il tape, il désobéit, il injurie. Ce sont les colères orientées. Elles provoquent inévitablement des réactions comportementales dans l’entourage et mettent en cause les parents dans leurs attitudes éducatives.

Il faut différencier tout de suite la colère enfantine de certains comportements du bébé avant 1 an, et des colères systématiques et à tout propos de l’enfant au-delà de 4-5 ans.

Avant 1 an

Avant 1 an, c’est ce qu’on appelle la rage du bébé. Le bébé, pour exprimer son insatisfaction à certains moments, va entrer dans un comportement de rage avec des mouvements anarchiques, des cris inarticulés et des phénomènes vasomoteurs (rougeur, pâleur). Un bébé de 2 mois, par exemple, peut faire une rage car il a faim, le taux de sucre de son sang a baissé, il est hypoglycémie et a besoin urgent de boire. C’est une demande physiologique qu’il ne peut formuler autrement.

Certains nourrissons, plus demandeur, plus impatients que d’autres, se manifesteront souvent sur ce mode, alors que d’autres, plus calmes, dans un milieu disponible, n’y auront recours que très rarement.

Après 4-5 ans

A l’inverse, passée 4-5 ans, l’enfant qui ne peut dire autrement que par des colères son insatisfaction est un enfant qui n’a pas pu s’affirmer, conquérir les limites de son moi en intégrant dans personnalité certains besoins pulsionnels. Il n’a pas réussi à mettre en place des moyens plus élaborés, plus socialisés, pour affirmer sa volonté. Ce mode d’échanges, de relations, devient le seul possible, mode témoins d’une labilité émotionnelle et d’une impulsivité excessive : moyen psychologique mais inefficace et n’évoluant pas vers une structuration de la personnalité.

Nous ne somme plus dans la colère, manière de dire, réaction dans l’instant pour se soulager, mais dans une manière d’être psychologique qui peut nécessiter une prise en charge psychothérapeutique de l’enfant et de sa famille.

Des colères alors que tout est permis

Il serait commode dire : « je laisse tout faire, comme cela je n’aurai pas de colère »

Les enfants coléreux feront de colères alors que tout est permis. Ils ne trouvent pas leurs limites et c’est l’escalade, du fait de leur difficulté à investir à cet âge leurs pulsions agressives.

Une notion est importante en matière d’éducation, c’est la constance. Chaque famille a sa loi, son système éducatif. Quand un choix éducatif est par les deux parents, il faut qu’ils s’y tiennent en le proposant à l’enfant, en faisant avec lui, sans relâche, ce qui peut se faire dans le calme et la douceur. Si ont permet un jour et qu’on interdit le lendemain, l’enfant ne sait plus ce qu’il doit faire et ceci favorisera la colère, expérience qu’il connaît déjà pour l’avoir pratiqué plus jeune.

 Les limites

Les parents devraient prendre conscience que l’enfant est capable d’écouter, de comprendre et d’accepter des limites si elles sont adaptées a son âge et proposées dans une relation authentique et affectueuse. Je pense que beaucoup de parents, pour ne pas dire tous, sont capables de modifier leur comportement face à leur enfant s’ils veulent y réfléchir et s’ils prennent le temps de l’évoquer avec eux dans un climat de confiance, et d’échanges chaleureux, sans jugement aucun, car la colère n’est pas pathologique. Il ne s’agit pas de traiter une maladie, il s’agit de permettre aux parents de mieux comprendre un comportement de leur enfant excédant et fatiguant, et d’essayer de trouver des compromis qui ne sont ni du laxisme, ni de l’autoritarisme, mais qui tiennent compte du vécu, des désirs et des projets de chacun.

 L’acquisition du langage

Jusqu’à 18 mois, l’enfant exprime sa colère essentiellement corporellement, par des trépignements, des pleurs, des cris. Quand il grandit, il agresse verbalement son entourage, il injure et émet des critique blessantes. Le langage devient un moyen de dire autrement son malaise. L’acquisition du langage, avec tout d’abord l’apparition du « NON », donne à l’enfant de nouvelle possibilités d’appréhender le monde, de s’opposer.

Les notions temporelles acquises lui permettront de différer son plaisir et de tolérer une insatisfaction immédiate du désir. Il va s’affirmer, trouver sa place, ses limites, exprimer sa volonté par la maîtrise du langage. Les colères vont s’estomper dès que les moyens de contrôle du Moi se développeront grâce à la capacité de communiquer, de décharger son agressivité par la verbalisation. Des nouvelles relations s’instaurent avec les parents et les personnes qui l’entourent et la colère devient moins nécessaire pour se faire entendre. Une meilleure compréhension mutuelle se fait jour, apaisante, structurante.

 

 Dr Sophie Carbonell-Gallouedec (pedo-psychiatre)

 

La Séparation

Des réactions différentes selon l’âge, la maturité et la situation

 

Les réactions à la séparation sont différentes selon l’âge l’enfant. D’après une opinion courante, plus l’enfant est petit, plus la séparation est facile. C’est là une fausse interprétations du comportement de l’enfant dons les manifestations moins bruyantes que chez l’enfant plus grand, sont pourtant bien réelles, mais restent à décoder : pleurs, trouble du contacte, de l’appétit, du sommeil, maladies diverses, sont un langage à travers lequel le nourrisson exprime son désarroi face à une séparation non aménagée.

Aux alentours de six mois, l’enfant émet des signaux plus directs.

L’angoisse du huitième mois est un phénomène bien connu qui désigne les réactions de peur de l’enfant confronté à des étrangers.

Paradoxalement, ce progrès de la conscience, puisque désormais il commence à distinguer que sa mère est unique est différente, le rend hypersensible à la séparation……

Dans la deuxième et troisième année, tout va dépendre de la capacité à nouer des relations et à s’autonomiser, plus ou moins développée selon le travail psychique antérieur. Cependant, en général, l’enfant accepte mieux la séparation à cette période de sa vie.

Il faudra pourtant attendre l’âges de six ou sept ans pour qu’il aborde les séparations sans angoisse et y trouve même du plaisir. Néanmoins, à tout âge, le contexte, les raisons de la séparation, la présence ou l’absence de repères pour surmonter le vide de la perte et du sentiment d’abandon, vont jouer un rôle essentiel.

 

L’accueil véritable :
la séparation est aménagée

Toutes les conditions doivent être réunies, en collaboration avec les parents, pour que l’enfant continue à se sentir « entier » malgré leur départ. L’accueil authentiquement ne se réduit pas à un comportement ou à des dispositions matérielles standardisées mais trouve tout son sens dans une relation personnelle avec l’enfant et avec les parents. Des paroles vont s’échanger, des liens vont se créer…

C’est bien cette aptitude de l’assistante maternelle à accueillir les parents, à les accepter, qui constitue le soutien le plus précieux de la sécurité de l’enfant. En effet, l’adaptation d’un enfant n’est pas, n’est jamais une question d’habitude ou d’automatisme. Elle repose sur sa capacité à élaborer suffisamment de repères pour ne pas être perdu. C’est là un travail complexe qui mérite d’être soutenu en développant observation, écoute et dialogue.

Comment préparer la séparation ?

En étant d’abord ensemble parent et enfant, sur les lieus de l’accueil, c’est-à-dire chez l’assistante maternelle. C’est ce qu’on appelle couramment « l’adaptation progressive » qui doit permettre à l’enfant de prendre appui sur la présence des parents dans cet univers étranger pour surmonter la séparation ultérieure.

Ici encore, ce qui est à prendre en considération n’est pas strictement la durée ou le nombre des rencontres préparatoires, mais la qualité des échanges et de liens qui s’y établissent : paroles, observations à se transmettre sur les goûts et besoins de l’enfant, mais aussi partages de gestes et de mots à l’occasion d’un change, d’un repas, du sommeil ou du jeu de l’enfant.

 

Il doit être prévenu et informé

La séparation doit être annoncée à l’enfant, les éventuelles difficultés reconnues et verbalisées.

Tous les enfants, même et surtout les nourrissons, doivent être informés, c’est-à-dire savoir les raisons de cette séparation, sa durée, son organisation. Ils doivent entendre le nom ou le prénom de la personne qui va les accueillir, qu’ils ne confondront pas avec un membre de leur famille.

Il est indispensable de leur expliquer que cette personne exerce un métier d’accueil, c’est-à-dire qu’elle est payée pour faire ce travail, même si elle est aussi maman d’autres enfants dont elle s’occupe dans le même lieu et dans le même temps.

On présente aussi à l’enfant le conjoint de l’assistante maternelle, les autres enfants accueillis et leurs parents.

Toutes ces distinctions clairement établies vont permettre à l’enfant d’organiser et d’intégrer ces nouvelles données sans mettre en danger le développement de son identité.

 

Accueillir tous les matins

Une fois les premières séparations aménagées et réalisées, il ne faudrait pas négliger la réalité quotidienne des séparations. En effet, si l’on n’y prend pas garde, celle-ci peut très vite se réduire à l’arrivée des enfants le matin et à leur départ le soir, sans considération pour les émotions aux quelles sont soumis enfants et parents.

Accueillir chaque matin l’enfant de quelqu’un d’autre n’est pas si simple dans la mesure où régulièrement se rejoue l’épreuve de la séparation.

Il y a les parents pressés et ceux qui ne peuvent pas partir, ceux qui reviennent et ceux qui partent en cachette. Il y a aussi ceux qui savent accompagner et accepter le rituel nécessaire à l’enfant. Celui-ci par exemple, se rend dans une pièce ou dans plusieurs, va toucher ou chercher un objet, revient vers le parent, s’en éloigne à nouveau……Ce comportement permet à l’enfant de maîtriser la situation et de signifier que maintenant il est prêt à se séparer

L’assistante maternelle doit elle-même veiller à ne pas imposer à l’enfant un comportement particulier mais respecter l’établissement progressif de rites personnels par lequel il organise la séparation.

Elle invitera alors les parents à observer cet enchaînement de comportements, à y saisir le sens, et à soutenir leur enfant dans ce moment délicat. Ce dialogue favorise l’ajustement des comportements parentaux à la demande de l’enfant.

Que la séparation s’effectue rapidement ou prenne un peu de temps, que les manifestations soient visibles ou très discrètes, l’essentiel est que chacun se sépare en sécurité.

Ce processus comporte bien des variantes des évolutions d’un parent d’un enfant a l’autre. Il n’y a donc pas de règle absolue.

Néanmoins, le rôle d’accueil de l’assistante maternelle se fonde sur quelques repères bien précis.

 

Des paroles plutôt que des baisers

L’assistante maternelle a un rôle difficile à jouer : présence, disponibilité mais aussi neutralité face à la relation du parent et de son enfant. Elle ne doit pas déposséder les parents de leur enfant par des attitudes verbales ou corporelles trop interventionnistes, ni imposer à l’enfant, dès son arrivées, une proximité physique ou affective dont il n’est pas demandeur.

Elle préfèrera tisser le lien en respectant la distance nécessaire : ni embrassade systématique, ni portage lorsque l’enfant est en âge de marcher, mais des paroles qui saluent, qui accompagnent et acceptent les émotions manifestées par l’enfant, rires et sourires, joies, mais aussi pleurs, colère ou tristesse.

Ces paroles si elles sont vraies, si elles parlent à l’enfant et non de l’enfant, sont alors compréhensives et compréhensibles.

S’il s’agit d’un nourrisson, c’est jusque dans le geste de portage que se manifeste le respect de son identité.

Dés l’arrivée du bébé qui vient de lui être remis dans les bras. L’assistante maternelle lui offre la possibilité d’accueillir à son tour si le portage accepte la distance corporelle nécessaire à un face à face.

Cette liberté assurée à l’enfant, à l’opposé d’un corps à corps trop contraignant, privilégie des interactions plus authentiques entre l’assistante maternelle, l’enfant et le parent.

 

Il a besoin de son « doudou »

Les enfants sont très souvent attachés à leur sucette, pouce dans la bouche chiffon, « doudou » ou peluche.

Ces objets dits « transitionnels » jouent un rôle rassurant et doivent absolument être laissés à la libre disposition de l’enfant.

 

Pourquoi ?

Parce que cet objet représente sans doute sa mère. En tout cas, il y est symboliquement associé, en souvenir du temps de la symbiose mère enfant. L’enfant y aura recours dans toutes les situations où plane la menace de perdre continuité et sécurité : séparation, changement, difficultés rencontrées, approche du sommeil (qui est aussi expérience de séparation).

Il sait mieux que quiconque quand est-ce qu’il a besoin du réconfort que lui procure cet objet.

S’il refuse continuellement de le lâcher, il faudra en chercher la raison plutôt que de le contraindre à y renoncer.

Mais dans la plupart des cas, cet objet consolateur, toujours le même, restera soumis aux va et vient de l’enfant, à ses allers retours entre la maison et l’assistante maternelle.

Il constitue un repère précieux pour l’enfant, un lien concret entre la réalité intérieure et la réalité extérieure.

 

Les retrouvailles du soir :
une situation quelquefois complexe

L’organisation de la journée, la succession régulière des séquences de la vie quotidienne ; arrivées et départs, mais aussi repas, couches, changes, sorties, retours, etc… contribuent à assurer la stabilité dont l’enfant à besoin. La encore, les paroles explicatives de l’assistante maternelle, pour accompagner ces divers changements, inscrivent toutes ces « micro ruptures » dans une continuité.

C’est ainsi que tout petit est aidé à construire progressivement la continuité psychique de son être à travers l’inévitable discontinuité des situations quotidiennes.

Enfin, le soir, l’enfant quitte le domicile de l’assistante maternelle pour retrouver ses parents et sa maison. Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, se retrouver n’est pas si simple….

En effet, il arrive fréquemment que le retour du parent réactive chez l’enfant l’épreuve de la séparation.

Les retrouvailles imposent à l’enfant, et même quelquefois aux adultes, un travail de « recomposition » intérieure.

En fait, c’est lui-même qu’il essaye de retrouver, confronté à une sorte de dilemme : « moi-ma maman, moi-mon assistante maternelle…. Moi-ma maman… qui suis-je ? » Cette question impossible à dire, cette angoisse de morcellement sont alors formulées dans un comportement ambivalent qui met souvent le parent en difficulté.

Parfois ce sont des cris, des pleurs ou des tensions qui se manifestent, parfois, selon l’âge de l’enfant, ce sont des attitudes de fuite, souvent après un premier contact physique avec le parent qui vient d’arriver.

D’autres enfants semblent ignorer la présence du parent….. chez les plus jeunes, on assiste quelquefois à un évitement du contact corporel ou visuel : le bébé tourne la tête et raidit son corps.

Chez les plus grands, ce sont l’excitation motrice, les transgressions d’interdits qui font bien souvent dire aux assistantes maternelles :

« Dés que sa mère arrive, lui qui était si gentil, il devient insupportable… ».

 

Que faire ?

Prendre garde aux interprétations réductrices, aux jugements en termes de « méchant » ou « gentil » qui ne feraient que développer, chez les parents la rivalité et la culpabilité, et chez l’enfant, le sentiment d’être incompris.

L’enfant a besoin d’un peu de temps pour créer un lien entre les différents moments de sa vie. Lui accorder ce temps, inviter les parents à observer l’enfant, à tenir compte de ses réactions, lui parler, l’écouter, c’est le considérer comme un sujet et non que l’on « prend » le matin, pour le « récupérer » ou le « rendre » le soir, sans aucun égard pour ses émotions.

Ce temps, c’est aussi celui de l’accueil des parents, du partage de l’interdit pour l’enfant où l’authenticité des échanges ne manquera pas de participer à la qualité des retrouvailles. L’enfant bien « réuni » va alors pouvoir vivre à la maison, avec ses parents, des heures pleines et aborder le sommeil avec sérénité. Ce temps des retrouvailles, cependant n’est pas sans limite. C’est celui d’un départ et d’une nouvelle et nécessaire séparation.

Quelquefois, l’assistante maternelle aura le rôle difficile de mettre un terme à certain « débordements » dans la mesure où ils pourraient devenir chroniques : bavardages excessifs, confidences personnelles, installation d’un parent qui ne sait plus partir…

Ici, l’intérêt de l’enfant n’est plus en jeu, il faut alors rappeler les limites professionnelles d’un contrat dans lequel l’assistante maternelle ayants bien rempli sa mission, dispose à son tour du droit de se séparer et de se retrouver avec elle-même ou avec les siens.

 

Se séparer, c’est apprendre à grandir

La séparation physique et le changement matériel n’aident pas en eux-mêmes l’enfant à grandir.

La conquête de l’autonomie ultérieure repose sur la création de liens symboliques qui relient les situations, les personnes, les lieux et les temps. Ce type d’accueil n’est pas simple. Il exige de l’assistante maternelle réflexion, remises en question et formation. Il constitue alors pour l’enfant un lieu de vie, de socialisation et de préparation à de nouvelles séparations. Solidement relié à lui-même et à l’autre, l’enfant devient de plus en plus capable de se séparer, de créer par lui-même de nouveaux liens, de s’aventurer, de découvrir le monde et de quitter son assistante maternelle…

Un départ qui laisse des traces
et qui fait grandir…

N’ignorant pas le danger des ruptures pour l’équilibre des jeunes enfants, l’assistante maternelle, sauf cas de force majeure, se révèle fidèle à l’engagement moral lié à sa profession. Elle a donc souvent accueilli l’enfant pendant plusieurs années avant que n’arrive le moment du départ définitif précédant l’entrée à l’école maternelle.

C’est alors au tour de l’assistante maternelle de grandir en faisant un deuil quelquefois douloureux.

Elle aussi gardera, au-delà des photos et des souvenirs, des traces psychiques de sa rencontre avec l’enfant, traces vivantes qui aident à vivre, à se séparer, et à se retrouver soi-même, enrichie et disponible, pour de nouvelles aventures d’attachement et détachement.

Par Elisabeth DEMAILLY Psychologue

 

Le Sommeil

Le train du sommeil

Notre vie est faite de la succession de trois états de vigilance, totalement différents les uns des autres, aussi bien dans notre comportement extérieur, visible, que dans leur traduction électro-encéphalographie : l’éveil, le sommeil lent et le sommeil paradoxal.

L’éveil ou état de veille

L’éveil, ou état de veille, caractérise tous les moments conscients de notre vie, et représente chez l’adulte près des deux tiers du temps. Cet état oscille de façon plus ou moins rapide entre des temps d’éveil actif et des temps d’éveil passif.

Le sommeil lent

Le sommeil lent est ainsi appelé car il est caractérisé par un ralentissement et une augmentation d’amplitude progressive des ondes électriques corticales. Il est dit aussi sommeil classique, sommeil orthodoxe. Un adulte s’endort presque toujours en sommeil lent et ce sommeil représente chaque nuit environ 75% à 80% du sommeil total, soit environ 6 heures de sommeil lent pour une nuit de 8 heures. Ce sommeil peut être décomposé en quatre stade de profondeur croissante :

  • Le stade 1 correspond à l’endormissement ou à un état de pré-éveil, périodes au cours desquelles nous sommes « entre deux eaux », pas tout à fait endormis, ni complètement réveillés. Les mouvements corporels se font rares
  • Le stade 2 nous dormons, mais ce sommeil est léger. Il persiste une certaine activité mentale : rêves flous, plus proches d’une pensée d’éveil que d’images, rêves plus logiques, plus cohérents que ceux du sommeil paradoxal. L’activité électrique est de plus plus lente. Les stades 1 et 2 représentes 50% du sommeil total, soit 4 heures par nuit
  • Le stade 3 et 4 correspond a un sommeil très profond. La réactivité aux stimulations extérieures est très faible, l’immobilité à peu près totale. Le visage est inexpressif, l’activité mentale probablement très faible. L’activité électrique cérébrale est lente et ample. Ces stades 3 et 4 représentent environ 25% du sommeil total, soit 2 heures par nuit.

 

Le sommeil paradoxal ou sommeil de rêve

Le sommeil paradoxal, ou sommeil de rêve, succède au sommeil lent. il est aussi différent que le sommeil lent est différent du réveil. Il a été nommé « paradoxal » par Michel Jouvet, devant le contraste entre un sujet complètement endormi, détendu, et l’enregistrement E.E.G. d’une activité électrique corticale intense, avec des ondes rapides, peu amples, très proches de celles de l’éveil actif. Ce sommeil représente 20 à 25% du sommeil total, soit, lui aussi, près de 2 heures par nuit.

en sommeil paradoxal :

  • Notre visage est mobile, expressif, plus « social » qu’en sommeil lent
  • mouvements oculaires rapides verticaux et horizontaux
  • le pouls et la respiration sont aussi rapide qu’en phase d’éveil, mais plus irréguliers
  • Tonus musculaires aboli
  • Paralysie
  • Activité électrique cérébrale rapide, intense.

A ce stade, le dormeur est très difficile à réveiller

Que se passe-t-il au cours d’une nuit de sommeil

Nous nous endormons en sommeil lent, sommeil lent qui va durer en moyenne de 1h10 à 1h40. D’abord sommeil lent léger puis progressivement de plus en plus profond. A la fin de cette phase, nous passons en sommeil paradoxal pour 10 à 15 minutes. Une nuit complète représente l’enchaînement de 4, 5 ou 6 cycles de « train ». La fin du sommeil paradoxal est marquée par une phase de pré-éveil très courte, insensible pour un dormeur normal, mais où l’éveil serait très difficile. Puis, si aucune stimulation particulière ne le tire du sommeil, le dormeur enchaîne un nouveau cycle.

Comment coucher bébé ?

En 1970, on conseillait aux parents de coucher leur enfant sur le ventre pour diminuer les risques d’inhalation lors de vomissements. Paradoxalement, le nombre de morts subites augmentait et ce n’est qu’en 1992, à l’aide de statistiques plus précises, qu’on a démontré l’influence de la position de sommeil sur la mort subite. En 1994, une grande campagne de prévention est lancée pour mettre à l’honneur le couchage sur le dos. Le couchage ventral est cependant recommandé pour certaines pathologies spécifiques.

Pourquoi sur le dos ?

  • La respiration est améliorée par cette position, elle est ainsi d’autant plus efficace en cas de
  • rhino-pharyngite ou de bronchiolite.
  • L’enfant régule mieux sa température, notamment en cas de fièvre.
  • Les risques d’asphyxie sont évités (pas de nez obstrué par le matelas, le bord du lit, ni d’étouffement par enfouissement sous les couvertures).

Règles de bases à observer scrupuleusement :

  • Pas d’oreiller ou de couette avant l’âge de douze mois.
  • Un matelas ferme et aux dimensions du lit.
  • Pour couvrir bébé, utilisez une turbulette ou bien un sur pyjama.
  • La température de la pièce doit se situer entre 19° et 20°C.
  • Ne fumez jamais dans la pièce au l’enfant dort.
  • N’attachez rien autour du cou de bébé (chaînette, cordelette avec sucette…)
  • Ne laissez jamais votre enfant seul à la maison.
  • Ne culpabilisez pas si vous faites dormir un nouveau-né dans votre propre chambre, près de vous : vous restez le meilleur des radars en cas d’apnée du nourrisson !

La Propreté

La propreté et suppression de la couche

Dans notre culture occidentale, l’acquisition de la propreté, particulièrement valorisée, est une étape importante du développement corporel et social des jeunes enfants. En effet, cette acquisition participe au grandissement par une meilleure perception et maîtrise de soi, par moins de dépendance physique et psychologique face aux adultes.

I – A quel moment ?

Pour les enfants

Quand maturité physique et psycho affective sont réunies, les enfants peuvent intégrer la maîtrise sphinctérienne comme une acquisition positive. Celle-ci est alors source d’harmonie et d’équilibre dans leur développement, comme toutes les autres acquisitions psychomotrices qu’ils ont pu faire.

Maturité physique : elle a lieu quand s’achève la maturation des terminaisons nerveuses de la moelle épinière.

Le moment peut être repéré grâce à des acquisitions motrices : les enfants montent et descendent un escalier pieds alternés ; ils marchent sur la pointe des pieds…

En moyenne: L’enfant de 15 mois monte l’escalier à quatre pattes, A 18 mois, il monte et descend l’escalier main tenue. A 2 ans, l’enfant monte et descend l’escalier seul.

En règle générale, la propreté diurne survient en premier. La maîtrise sphinctérienne pendant le sommeil apparaît un peu plus tard (jusqu’à quelques mois) : soit les siestes puis les nuits, soit l’intégralité des temps de sommeil simultanément.

Maturité psycho affective : les enfants désirent « être propres » c’est-à-dire grandir, être autonomes, s’inclure socialement, ils dépassent l’ambivalence de leur désir, présent malgré tout, de rester petits, d’être dépendants et maternés.

Le moment peut être repéré a niveau du langage. Ils sont capables de dire moi « je » : ils se perçoivent en tant qu’individus.

Pour les parents

L’acquisition de la propreté interroge les parents, plus ou moins tôt dans la vie de leur enfant.

Le déroulement de cet apprentissage, avec le sentiment de réussite ou d’échec qui en découle, est très fréquemment vécu par le parent, souvent la mère comme un élément d’évaluation de sa compétence parentale.

Les parents veulent que leur enfant soit propre quand leur éducation, leur entourage, leurs désirs personnels les y poussent. Ce moment peut survenir à des ages très variable : 8 mois voire moins, 1 an, 2 ans, 2 ans et demi, ou d’avantage.

Cette étape peut se vivre plus sereinement si les parents ont l’occasion :

  • de s’informer sur les données récentes de ce sujet
  • d’échanger avec d’autres, parents et/ou professionnels,
  • de prendre de la distance par rapport à leur propre histoire et à leur entourage

Il y a encore des mamans et des assistantes maternelles qui pensent qu’un enfant peut être propre à 8 mois, et elles commencent le « dressage » vers 6 mois en mettant l’enfant sur le pot après et avant le biberon.

Actuellement, on sait que le « dressage » précoces est illusoire.

II – LES ENJEUX DE LA PROPRETÉ

Comme dans tous leurs processus de grandissement, les enfants sont pris dans une double ambivalence. Vouloir grandir/ vouloir rester petit, satisfaire les désirs de leurs parents ou s’y apposer / s’affirmer dans leurs propres désirs

Libres enfants

S’ils en ont la possibilité, les enfants vont dépasser positivement ces ambivalences après les avoir explorées affectivement.

Ainsi, alors qu’ils ont montré leur capacité à maîtriser leurs sphincters, ils peuvent demander à ce qu’on leur remette une couche, ou faire délibérément pipi dans leur culotte. C’est cette exploration qui leur donne le temps de renoncer délibérément à être petits, de ressentir le plaisir de grandir, d’accroître leur confiance en eux-mêmes, ils choisissent de grandir !

D’autre domaines peuvent être concernés par cette exploration : ils semblent régresser dans leur autonomie alimentaire, se remettent à parler « bébé », …

Pour les adultes, il peut être difficile d’accepter ces comportements transitoires :

Parce qu’ils sont vécus comme régressifs ou dirigés contre eux.

Parce qu’ils les questionnent sur leurs capacités d’accompagnement, et leur devoir d’autorité : « n’est-on pas trop laxistes ? », « Le cadre et les limites sont-ils suffisants ? »

C’est la confiance que l’on a en cet enfant qui est peut-être en jeu, mais aussi et surtout la confiance en soi-même, adulte, professionnel ou parent.

Enfants contraints

Au contraire, quand le désir parental de propreté est si fort qu’il devient une injonction, il n’y a plus de place pour la liberté des enfants.

En devenant propres dans ce contexte et malgré une apparente acquisition d’autonomie, les enfants ne concrétisent pas réellement un processus de grandissement personnel : ils sont contraints de satisfaire le désir de leurs parents ou de s’y opposer. Ils n’ont pas d’autres choix.

Le vécu de cette contrainte peut être à l’origine d’une énurésie secondaire, une encoprésie…

Questionnements d’enfants

Les enfants ont beaucoup de fantasmes autour de ce que sont les excréments. Les attitudes contradictoires des adultes à ce sujet rajoutent à la confusion. Ainsi on peut observer cette attitude contradictoire qui consiste à féliciter l’enfant « pour son beau caca » et jeter sa selle, ou encore traiter de « caca » tout ce qui est sale ou interdit.

Il y a souvent, chez les enfants, la pensée que les selles sont un morceau d’eux-mêmes. Il arrive donc assez fréquemment qu’un enfant ait peur de faire ses besoins (surtout caca) dans les W-C ou le pot, de vider ou de voir vider son pot, de tirer ou de voir tirer la chasse d’eau.

Françoise DOLTO disait l’importance de clarifier très simplement pour les enfants ce que sont les déjections. Le caca n’est pas une partie du corps, c’est la partie de nourriture qui n’est pas utile pour lui. Quand on mange et qu’on boit, le corps prend tout ce qui est bon pour lui. Le reste est rejeté sous forme de caca et pipi, car sans valeur.

Il est donc intéressant que les enfants participent dés le début de l’apprentissage au vidage du pot et au tirage de la chasse.

III – EN PRATIQUE

Les décisions d’aller sur le pot et de remplacer la couche par la culotte, ainsi que leurs mises en œuvre, appartiennent aux enfants et à leurs familles.

Décider – Coordonner

La coordination des parents et des adultes extérieurs qui interviennent auprès des enfants est essentielle. Une attitude éducative partagée par ces adultes aide les enfants à vivre au mieux cette étape. Quand ce n’est pas possible, une concertation est nécessaire pour que les différentes approches soient connues et reconnues par tous, parlées et expliquées aux enfants. C’est cette confiance instaurée qui permet aux enfants d’assimiler sans trop de rupture les divers vécus qui leur sont proposés.

Donner les moyens aux enfants

Il s’agit bien là d’aider à faire tout seul. Et pour cela, les adultes doivent à la fois leur fournir un cadre matériel et affectif rassurant, et leur laisser une place centrale.

Faire pipi tout seul ne doit pas être un parcours du combattant.

Les vêtements

Les enfants sont plus actifs et donc partie prenante, s’ils portent des habits qu’ils peuvent facilement ôter et remettre seuls, qui leur permettent de faire pipi sans risquer de les mouiller. A éviter donc, surtout au début, les jeans, les salopettes, les culottes serrées, les robes qui compliquent la tâche !

Le pot

  • L’accès aux toilettes ou au pot doit être libre et aisé.
  • Le pot est toujours au même endroit ; à priori les WC ou la salle de bain. Il n’est pas promené dans les pièces.
  • Les enfants ne doivent pas être mis sur le pot avant qu’ils soient capables de s’y installer et de s’en relever seuls.
  • Pour les garçons, il faut leur apprendre à bien placer le pénis dans le pot ou les WC.
  • Les enfants peuvent manifester eux-mêmes le désir d’aller au pot. il est important que les adultes tiennent compte de cette demande.
  • Si les adultes invitent les enfants à aller sur le pot, la proposition est dynamique et non contraignante, faite à des temps repérés.
  • Il arrive que dans une activité de « faire semblant », les enfants jouent à mettre la poupée sur le pot ou à s’y mettre eux-mêmes. Ces jeux participent au travail d’appropriation du pot et d’intégration de la propreté.

D’autres idées ici : Vous pouvez visiter cette page

ATTITUDE A ÉVITER

Il faut à tout prix éviter ces interminables séances sur le pot, à heures fixes, chez l’enfant encore incapable de comprendre ce que l’on veut de lui.

  • Ne pas user de la force, le brusquer, l’obliger à se soumettre et rentrer dans un conflit autour du pot.
  • Lorsque la culotte est mouillée, ne pas traiter l’enfant de sale et ainsi risquer de le bloquer.
  • Ne pas mettre l’enfant sur le pot quand il mange
  • Ne pas faire de lavements ou mettre des suppositoires ou laxatifs pour avoir des selles à heures fixes, l’enfant le ressentirait comme une véritable agression à son encontre et il aura le sentiment qu’on abuse de son impuissance.

LA COUCHE

De nombreux enfants ont besoin de la couche pendant les temps de sommeil, alors qu’ils n’en portent déjà plus pendant les périodes d’éveil. Grandir, rester petit : les enfants peuvent avoir besoin d’une période de transition au cours de laquelle la couche sera réclamée, rejetée, demandée à nouveau.

LES CONSEILS

Un climat de douceur et de détente doit être la règle lors de l’apprentissage de la propreté. Il y a une grande différence entre proposer et imposer.

Savoir le rythme de l’enfant, accepter les incidents pendant la période intermédiaire. Faire ses besoins, cela peut être dans le pot, mais aussi comme un grand sur la cuvette des W.C, dans la nature ou avec quelqu’un.

Valoriser la propreté : être propre c’est pouvoir aller à l’école, faire comme les grands.

Choisir un pot confortable.

INCIDENT AU COURS DE L’APPRENTISSAGE

Il peut avoir une régression, l’enfant refait dans sa culotte :

  • Parce qu’il est fatigué, inquiet ou malade
  • Parce qu’il est séparé de sa famille
  • Une petite sœur est née, il voudrait redevenir bébé.

L’enfant fait dans ses couches ou de suite après une mise au pot, il ne l’a pas fait exprès, il a encore du mal à se contrôler.(l’enfant joue avec ses matières fécales, pour les enfants, rien n’est sale, c’est un signe de curiosité, (lui donner pour jouer de la pâte a modeler ou de la pâte à sel, de l’eau, de la terre, du sable).

La propreté est considérée comme acquise lorsqu’elle est réalisée de façon autonome, banalisée par les enfants et leur entourage.

 

IV – CONCLUSION

Rappelons le plaisir de l’enfant qui tâtonne, qui ne sait pas s’il a envie de grandir ou pas, et qui finit par en avoir le désir.

Il lui restera de cette expérimentation la notion qu’il peut avancer avec plaisir sur le chemin du grandissement et de l’autonomie. Il aura dans sa vie d’enfant de multiples occasions de ré expérimenter cet acquis.

Rappelons également le plaisir des parents ou des éducateurs qui arrivent à distance toutes leurs idées et qui, à l’écoute, accompagnent des enfants dans cette acquisition.

Ce plaisir partagé et cette confiance mutuelle, altérés parfois par le doute, les hésitations, les inquiétudes font qu’enfant et adultes sortent grandis de cette étape.

Groupe Petite Enfance des CEMEA PACA

Octobre 2000